BIG BANG


Vincent Lesbros
21 septembre 1994

Aux tout premiers temps de l'univers, la mémoire était très chaude, agitée, compressée, et baignait dans la lumière. Puis, au cours de l'explosion initiale, elle se refroidit progressivement, permettant ainsi l'apparition de la première particule fondamentale : le bit. Cette particule étrange possède deux faces, l'une est blanche, l'autre est noire.


Les deux faces d'un bit.


Mis à part la couleur, aucune différence de comportement n'apparaît, entre les deux faces. On suppose l'existence d'anti-bits (qui possèdent deux faces également, mais à la différence des bits, leurs faces ne sont pas blanche ou noire, mais noire ou blanche)*
* Les accélérateurs de bits actuels sont trop faibles pour permettre la détection des anti-bits.
Avec la grande agitation thermique environnante, les bits se retournent continuellement et laissent paraître tantôt leur face blanche, tantôt leur face noire. Ce n'est que plus tard, quand la température diminua suffisamment que la propriété intéressante des bits vit le jour : Ils conservent leur couleur (blanche ou noire) tant qu'on ne les retourne pas.
Une seconde propriété, non moins importante, est que l'on peut observer la couleur d'un bit sans la modifier.
Comme nous pouvons observer et modifier des bits (avec des sortes de téléscopes particulaires, appareils spéciaux nommés aussi ordinateurs), nous avons cherché les lois qui gouvernent les transformations des bits.
Les lois de la nature, concernant la transformation des bits peuvent se formuler de la façon suivante :

		blanc ( A ) = BLANC
		identité ( A ) = A
		inverse ( A ) = ¬A 	(prononcez non-A)
		noir ( A ) = NOIR
Où A est un bit, présentant soit sa face NOIRE soit sa face BLANCHE.


Un bit (dont on ignore la couleur).

L'opération blanc ( A ) permet d'engendrer un bit montrant sa face BLANCHE, quelque soit la face montrée par le bit A. L'opération identité ( A ), permet d'engendrer un nouveau bit montrant la même face que A, s'il est noir, sa copie est noire, s'il est blanc, sa copie sera blanche.
L'opération inverse ( A ) engendrera un bit noir si A est blanc et un bit blanc si A est noir, comme le négatif d'une photographie.
Enfin, la dernière opération, noir ( A ) donne le même résultat que inverse ( blanc ( A ) ).

On a découvert que ces transformations étaient dûes aux interactions des bits avec d'autres particules : les bifaces**.
** Ce mot est inventé pour simplifier l'exposé
En bombardant ces bifaces avec des rayons à très haute énergie, ils se décomposent en deux bits. En fait, les bifaces ne sont que le résultat de l'association de deux bits, chacun dans une position particulière. On appelle la concaténation la force fondamentale qui unit les bits pour former les bifaces.

Voici les différents types de bifaces (on en dénombre quatre) :

Nous les avons placés dans une table où la ligne informe sur la couleur du bit de gauche,
et la colonne indique la couleur du bit de droite.

Une autre disposition va nous permettre de déceler la relation entre les bifaces et les lois de transformation :

Cette table donne la couleur des bits qui sont émis
lors d'une collision entre un bit et un biface.

Les bifaces porterons les noms suivants :
   blanc-blanc ou blanc simplement.
   blanc-noir ou identité.
   noir-blanc ou inverse.
   noir-noir ou noir simplement.



Deux exemples de collisions, la première à pour formule :
inverse ( NOIR ) = BLANC, et la seconde :
inverse ( BLANC ) = NOIR.

On peut retrouver la description correspondante dans la table précédente, à la troisième ligne, la première colonne donne le résultat de la collision avec le bit blanc, et la seconde colonne donne le résultat de la collision avec le bit noir.

Pour comprendre en détail le mécanisme de la collision, il faut penser que les positions des bits composant un biface sont elles même repérées par des bits de la façon suivante :


Le schéma ci-dessus montre les deux positions d'un biface,
celle de gauche marquée par un bit blanc et celle de droite par un bit noir.

En effet, lors de la collision, le bit arrivant en contact avec le biface est dirigé à gauche s'il est blanc, ou à droite s'il est noir, puis le bit prend la couleur du bit du biface correspondant (vérifiez sur les exemples précédents).



SUITE
Vincent Lesbros - Université Paris 8 - Septembre 1994